La statue de 80 cm de haut que Christie's nous présente à New York le 4 juin sous le numéro 264 du catalogue est en porphyre. Elle représente une déesse dont on nous dit qu'elle s'appelait Tyche.
Son attitude, jambes croisée et un coude sur la cuisse, est relax, comme on dirait aujourd'hui. Sa caractéristique la plus remarquable est sans doute le mouvement des plis de son lourd vêtement.
Des mortaises permettaient de rapporter la tête, les mains et les pieds, que l'on suppose avoir été en marbre blanc. De ce fait l'absence de ces éléments n'empêche pas de considérer que cette pièce de porphyre est complète.
La date de cette statue est contemporaine de la première grande mode pour le porphyre, sous les règnes de Trajan et Hadrien, c'est-à-dire à la fin du neuvième siècle ab urbe condita, il y a environ 1900 ans. (Il faut vous y habituer, j'utilise de préférence le calendrier en vigueur à l'époque dont je parle, révisez aussi votre Hégire pour de prochains articles).
Le porphyre, dont est issu le mot "pourpre", est resté un symbole de luxe jusqu'à la fin de l'Empire. Au X ème siècle de notre calendrier, un empereur Byzantin fut surnommé Porphyrogenete ("né dans la pourpre") pour honorer le fait qu'il était né de parents illustres.
L'estimation étant sur demande, je ne peux pas vous en dire plus avant la vente sur le prix que peut atteindre un tel objet.
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