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Damien Hirst bouscule toutes les traditions du marché de l'art. Nous devons lui en être reconnaissants, car son approche du marché est de celles qui font réellement avancer les choses et modifient les rapports de forces.

Dès 2004, il confiait à vendre à Sotheby's des oeuvres inédites de sa production récente, essentiellement sur son thème habituel de la pharmacie. Intitulée The Fragile Truth, une grande vitrine de pharmacie se vendit 1,4 M£ frais inclus. La vente aux enchère d'oeuvre d'ateliers est depuis toujours une pratique courante.

En juin 2007, Hirst exposa dans une galerie For the love of God, un crâne en platine incrusté de diamants avec des dents humaines. Cette oeuvre de 2007 mise en vente début juin à 50 M£, a été vendue fin août à ce prix, en privé à un consortium d'acheteurs incluant l'artiste. On voit disparaître dans cet exemple la frontière entre l'acheteur et le vendeur, et cela rend le prix de la transaction difficile à analyser. Mais l'artiste a raison, car il prépare ainsi le pourcentage qu'il recevra lorsque l'oeuvre sera revendue.

Le 14 février, Hirst et Bono ont monté avec Sotheby's une vente de charité, en invitant leurs amis artistes à offrir des oeuvres sur le thème de la couleur rouge. Bono est un musicien (de U2), et c'est Hirst qui a recueilli la gloire des enchères, avec plusieurs oeuvres millionnaires dont un cabinet à pilules à 7,1 M$. Cette vente a rapporté 42 M$ à des oeuvres luttant contre le SIDA en Afrique. Les oeuvres avaient été exposées à la Gagosian Gallery.

Cet été, la complicité entre Hirst et Sotheby's se renforce encore. Le 15 septembre à Londres, Hirst court-circuite les acteurs du marché de l'art en faisant vendre par Sotheby's un ensemble d'oeuvres qu'il a créées dans les deux dernières années. Comme en 2004, certes, mais la différence est que Hirst est devenu une personnalité incontournable du marché de l'art. Gagosian Gallery, qui n'est jamais très loin derrière ce type d'opérations, s'est introduit dans le communiqué de presse de Sotheby's, en annonçant qu'il brandirait activement sa pancarte d'enchérisseur.

La pièce maîtresse, the Golden Calf, est un taureau entier couronné d'un disque d'or et présenté dans un aquarium de formol de 3,20 m de long. Les cornes et les sabots sont aussi en or. Comme avec son crâne, Hirst associe dans le titre et le sujet la religion et la mort. L'estimation de cette oeuvre relativement encombrante est de 8 M£. D'ici à la vente et au-delà, les medias vont se déchaîner.

Dans la même catégorie de sujets, rappelons qu'en mai 2006 Christie's a vendu 3,3 M$ frais inclus Away from the flock, un mouton coupé en deux longitudinalement et présenté dans deux blocs de formol séparés.

Repères : hirst

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Hirst et Sotheby's ont entièrement réussi leur pari. Cette vente effectuée directement pour l'artiste par une maison de ventes aux enchères bouscule totalement les vieilles tradition du marché de l'art. Bravo !

Pour en rester aux oeuvres au formol, qui étaient l'objet de ma description ci-dessus, le Veau d'or a été vendu 10,3 M£ frais compris, et un requin a été la proie d'un amateur à 9,5 M£ frais inclus.

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Bonjour, dernièrement, je me suis défoulé sur mon blog à propos de Damien Hirst, voici comment (mais c'est un point de vue et je ne doute pas qu'il y ait controverse). Bien coridalement :
Une fois n’est as coutume, je vais transformer la merveille d’aujourd’hui en exercice de détestation. Je compte en effet vous parler de cette tête à claque de Damien Hirst, le chouchou de la Saatchi Gallery à Londres. Hirst s’est distingué par des installations spectaculaires : vaches débitées en rondelles et exposées dans des caissons transparents, des chiens aussi et surtout par un sens marketing aiguë du scandale.
Qu’on ne se méprenne pas, je n’ai rien contre l’art qui fait scandale, bien au contraire ! Mais pour bousculer l’ordre bourgeois, encore faut-il avoir des idées neuves, en rupture, et si possible qui réveillent un peu les consciences. Or Hirst fait scandale avec de vieilles positions nauséabondes et finalement très convenues: le mépris du vivant, l’annexion inconséquente de la nature à nos petits projets, à nos ambitions médiocres. Bref de l’esbroufe et un conformisme de plus. Pour trouver un équivalent plus populaire et plus près de chez nous, je pourrais invoquer le désormais légendaire « temps de cerveau disponible» vendu sur TF1 à Coca-Cola par cette autre tête à claque de Patrick Le Lay. Je ne comprends toujours pas les cris d’orfraies qu’a pu soulever une telle déclaration. Que disent de nouveau ces pseudo-cyniques que nous ne sachions déjà ? Et pourtant tout le monde s’étonne quand ils viennent enfoncer des portes ouvertes. Je pense en la matière que l’on confond le scandale et l’obscénité. Le seul scandale étant fait de la bêtise ambiante que dénonçait Deleuze. Mais ce qui me déplaît par-dessus tout chez Hirst, c’est son réel talent décoratif mis au service d’une très grande vulgarité. Le sommet du genre restant pour moi sa série Butterfly. Inspiré par l’art sacré tibétain, Hirst réalise de magnifiques mandalas, mais là où les moines de Lhassa utilisaient des grains de sables colorés pour réaliser une image éphémère propice à toutes les méditations puis balayaient celle-ci pour la jeter aux quatre vents ou dans les eaux d’un lac (proposant ainsi une forme véritablement révolutionnaire et avant-gardiste de l’art), Hirst, quant à lui, pour obtenir son résultat colle sur un support (une assiette par exemple) des milliers d’ailes de papillons qu’il n’a même pas su arracher lui-même avec la cruauté spontanée des sales gosses. Son propos n’est surtout pas de viser l’éphémère, ni même, à mon sens, la postérité, mais d’augmenter de façon aussi morbide que prosaïque la valeur de sa production. Ce à quoi il parvient avec une incontestable efficacité en s’inscrivant pleinement dans un système marchand qu’il entend par ailleurs bousculer. Avec une fortune personnelle évaluée à 125 millions d’euros, Damien Hirst est ainsi l’un des artistes les plus riches de sa génération. C’est d’ailleurs dans le commerce qu’il faut lui reconnaître du génie. Son dernier coup consiste à mettre ses œuvres en vente aux enchères directes via Sotheby’s, pour une estimation de 81,7 millions d’euros, sans passer par les traditionnels galeristes (mais bon, là, il ne faut pas exagérer, on ne va pas non plus pleurer sur les galeristes). Du coup, l’effet papillon déchaîne les ouragans dans le milieu de l’Art contemporain. Le pari est risqué, d’ailleurs l’action Sotheby’s a déjà perdu 8% ! Si tout marche selon son plan, Hirst aura réussi un très beau hold-up ! Alors, pour conclure, je vais redevenir gentil et former pour Damien Hirst un vœu: celui que son chef-d’œuvre soit reconnu, à savoir que les ventes du 15 et du 16 septembre à Londres remportent un succès exceptionnel. En plus mon karma reste pur puisque lui-même ne veut rien d’autre. Allons plus loin… Pourquoi tous autant que nous sommes ne ferions-nous pas aussi monter les enchères ? C’est sans risque : il y aura toujours un ballot de collectionneur pour suivre le mouvement et renchérir. Au final, tout le monde sera content. Damien Hirst croulera sous une avalanche de fric : c’est tout ce que je lui souhaite et c’est tout ce qu’il mérite.
Faites vos enchères... Rie ne va plus!

http://www.sothebys.com/app/paddleReg/paddlereg.do?dispatch=eventDe...

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