Influencée par le pointillisme et par Vasarely, Bridget Riley se spécialisa d'abord dans les peintures abstraites géométriques en noir et blanc. Dans les années 70, elle y adjoignit la couleur.
Ses peintures de grandes dimensions, au motif répétitif illimité, sont fascinantes, au sens propre du terme : en fixant l'image, on finit par ne plus savoir ce qu'il faut y voir, et il est difficile de s'en détacher.
En ce mois de février, les amateurs de cette période sont particulièrement bien servis.
Hier, 5 février, Sotheby's Londres vendait 735 K£ frais compris "Gala", 160 x 160 cm, peint en 1974. Les lignes sinueuses sont serrées et équidistantes, sauf à l'endroit de bandes obliques où elles se resserrent. Selon que l'on soit ou non poète, on y voit des vagues ou de la tôle ondulée.
La peinture que vendra Christie's le 11 février, également à Londres, m'intéresse plus, bien qu'elle soit estimée moins cher : 400 K£. Intitulée "Aurulum", ultérieure (1977) , plus petite (132 x 122 cm), elle présente un étonnant effet de couleurs. Les lignes sinueuses ont les mêmes caractéristiques que "Gala" mais la surface est composée de couleurs pâles dont les limites ne sont pas les mêmes que celles des bandes obliques. On veut voir comment se juxtaposent ces couleurs mais la vision est brouillée par les lignes, et le regard ne se stabilise jamais.
Repères : riley
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