En 1999, Paris découvre soudain le sculpteur Sénégalais Ousmane Sow. Le pont des Arts, qui est une passerelle interdite à la circulation automobile, s'orne soudain d'une scène de bataille dont les 23 personnages et les 8 chevaux sont plus grands que nature. Le sujet est également politique, car il représente la bataille de Little Big Horn (1876), l'extraordinaire victoire de Crazy Horse sur Custer devenue le symbole de la résistance des peuples humiliés. Sow y est confirmé comme le maître de la sculpture narrative.
Dix ans auparavant, en 1989, Paris fêtait le deux-centième anniversaire de la Révolution Française. Dans le même esprit que ci-dessus, Sow avait choisi pour thème la révolte de Toussaint Louverture pour la libération des esclaves à Saint-Domingue (1798-1802). Ce mouvement inspiré par la Révolution Française échoua lorsque les Français rétablirent l'esclavage par la force, mais il resta un des plus puissants symboles de la lutte contre ce fléau.
La statue de Sow, haute de 2,20 m, est en technique mixte composée de paille et de jute sur une armature de fer, selon la technique développée par l'artiste. Toussaint Louverture, debout, soutient une vieille femme assise à terre qui symbolise l'esclavage.
La vente de cette oeuvre le
1er juin à Paris est organisée par la maison de ventes
Gaïa. Créée en 2007, celle-ci est spécialisée dans les arts non-Occidentaux. L'estimation indiquée au catalogue est 150 K€, mais il n'y a pas réellement d'antécédent d'oeuvres de ce genre aux enchères. La base de données
Artvalue n'indique que deux résultats, tous deux obtenus sur des bronzes.