Maintenant, ça y est. Christie's et Sotheby's annoncent leurs difficultés, et commencent à réduire leurs effectifs. Le marché de l'art est dans une phase de perte de confiance. Pour cette raison, les oeuvres importantes restent cachées chez les vendeurs, et les acheteurs sont moins motivés.
Tous les regards seront tournés vers la vente de la collection Yves Saint-Laurent. Cette vente annoncée l'an dernier ne subit pas les effets décrits ci-dessus de raréfaction des oeuvres majeures. Elle est organisée à Paris du 23 au 25 février par Christie's en coopération avec Pierre Bergé et Associés.
Mondrian est une des valeurs repères du marché. Sa technique abstraite, rigoureuse et minutieuse, est répétitive, même si la disposition des lignes horizontales et verticales et celle des cases colorées est toujours différente.
L'huile sur toile de la collection Saint-Laurent, 80 x 50 cm, peinte en 1922, est d'une grande simplicité, comme les aime le marché. L'espace est divisé en quatre parties : le haut en trois cases dont une bleue, et une très mince bande rouge ; une bande étroite à droite, allant jusqu'en bas en deux cases successivement jaune et noire ; deux cases en bas à gauche rappelant le motif du haut ; et une case blanche dominante occupant le centre de la toile jusqu'au bord gauche.
L'influence de cette oeuvre sur les bibliothèques murales de Perriand saute aux yeux.
L'estimation de cette peinture est 8 M€, ce qui en ferait l'une des uvres les plus chères de Mondrian vendues aux enchères. Elle doit ce pronostic à l'extrême clarté de sa composition. Elle n'est cependant pas comparable avec la peinture de 1941 vendue 21 M$ frais inclus par Sotheby's en 2004, plus originale, où seules les lignes faisaient les points forts de la composition, avec un grand milieu vide faisant le point obsédant de l'image.
Repères : mondrian
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