Nous sommes vers 1690. La porcelaine de Chine passionne les Européens et suscite les expériences des manufacturiers. Presque un siècle après les réalisations des ateliers des Medicis, tout est à redécouvrir en matière de porcelaines à pâte tendre. Delft et Rouen sont les centres pionniers de ces recherches, et à cette date Meissen et Saint-Cloud sont encore loin d'avoir démarré.
A Rouen, c'est un faïencier nommé Louis Poterat qui parvient à développer cette technique, sur laquelle il travaillait seul et sans aide, et Sotheby's nous explique que son savoir faire mourut avec lui en 1696.
Un pot en porcelaine tendre provenant de son atelier figure à la place d'honneur (premier lot, numéroté 501) de la vente de 69 lots que Sotheby's Paris consacre entièrement aux céramiques de Rouen d'avant 1740, le 18 juin.
Il est en camaïeu bleu sur fond blanc, à l'imitation des pièces Chinoises. Non couvert, c'est un cylindre de 10 cm de haut et 9,5 cm de diamètre. Le décor est fin et agréable, le dessin n'est pas trop chargé.
Sotheby's en veut 100 K€. A mon avis, il y parviendra.
Une des vedettes Parisiennes du second semestre 2007, bien mis en valeur lors des temps forts de Drouot en novembre dernier, était une autre production de Louis Poterat. Un peu plus petit (9 cm) mais couvert et muni d'une anse, ce pot, lui aussi en camaïeu bleu mais d'un coloris plus dense, fut adjugé 170 K€ hors frais par Ferri le 12 décembre.
Repères : porcelaine, rouen
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