Article préparé avant la vente :
Dans la vente Tajan du 19 février à Paris : un masque Eskimo ayant figuré dans la collection Rasmussen (220 K€). La collection Lebel, vendue par Calmels Cohen le 4 décembre 2006, avait permis de faire connaissance de façon approfondie avec ces objets extraordinaires. Souhaitons que celui-ci atteigne le prix attendu.
Après la vente :
Le numéro d'hier de La Gazette de l'Hôtel Drouot n'est pas bien joyeux.
En page 17, on y voit le Conseil des Ventes Volontaires se lamenter sur le bilan 2007 des ventes publiques ; après tant de cocoricos égrenés au fil du temps par les uns et les autres parmi les acteurs du marché français, il est bien temps ... On accuse comme toujours la TVA et le droit de suite, on reparle de l'absence (totale, à mon point de vue) de la France en matière d'art contemporain. On ferait mieux de voir que la France a dix ans de retard (bientôt quinze ?) sur l'opacité des prix du marché, les communiqués de presse, l'utilisation du web, la pratique de l'anglais, l'accueil des clients, la logistique, la dualité de responsabilités entre le commissaire-priseur et l'expert, l'internationalisation.
Sur l'une des rares spécialités où la France se révèle capable de présenter régulièrement à la vente des objets réalisés à l'étranger, la Gazette écrivait encore dans son n° 4 (page 5) à propos de Paris : "Une place décidément historique pour les arts premiers!"
Il s'agissait de la présentation de la vente Tajan du 19 février. Les résultats sont "tombés" en page 25 de la Gazette d'hier : "Les résultats de cette vente n'ont pas été communiqués". Première fois en plus de vingt ans de lecture attentive de la Gazette que je vois un tel communiqué. A ce jour, les résultats ne sont pas encore disponibles sur le site de Tajan, ce qui représente un délai inhabituel pour cette maison.
La maison de ventes a quand même annoncé à La Gazette que ses deux lots phares n'ont pas été vendus. Ils avaient pourtant été présentés très convenablement dans les articles et les publicités de La Gazette.
Que se passe-t-il donc ?
Cet masque Eskimo n'est même pas parti à son estimation basse, qui semble avoir été révisée à 180 K€ après ma première prise d'information.
Le masque kwélé à cornes enveloppantes avait été lui aussi estimé à 180 K€. Il provenait d'une "collection autrichienne". Connaissant l'importance fondamentale de la provenance pour le prix de l'Art Premier, cette indication anonyme a peut-être rebuté les amateurs. Pourtant, l'objet est spectaculaire.
Avec une estimation haute très serrée par rapport au plancher, ces oeuvres étaient peut-être difficiles à vendre au prix qui en était attendu. C'est l'hypothèse la plus favorable que je vois, en tant qu'observateur du marché.
L'hypothèse défavorable étant que la masse considérable d'oeuvres de qualité dispersées lors de la vente Vérité a fini par étouffer le marché, comme l'avait fait il y a quelques années la vente Jammes dant le domaine de la photographie ancienne.
Balises :
Partager
-
▶ Répondre à cela