L'art de la région du golfe de Papouasie, en Nouvelle-Guinée, a longtemps été méconnu. Ce qui restait des cultures autochtones a beaucoup souffert. Les objets ont été brûlés, cassés, enfouis, moisis, rongés.
C'est ainsi extraordinaire que des scientifiques Allemands aient découvert en 1966 une grande statue du dieu Iriwake, en assez bon état pour être restaurée. Iriwake, qui signifie l'homme des bois, est le dieu du tonnerre et de la guerre, et encourage les chasseurs de tête. On pense que c'est en raison de son importance que les habitants d'un village détruit avaient pris soin de le préserver.
Cette pièce en bois de 1,25 cm avait été taillée à la pierre, ce qui indique qu'elle date d'avant les contacts. Le dieu est représenté à mi-corps, en effigie plate. Les deux bras massifs sont levés, et surlignés d'un éclair strident qui se prolonge jusqu'à la poitrine. Cet objet est unique en son genre, à l'exception d'une oeuvre semblable qui avait été photographiée en 1925.
La face, également surlignée de traits blancs, nous semble très familière : ce n'est pas parce que nous sommes fins connaisseurs de l'art Papou mais parce que Jean Dubuffet s'est beaucoup inspiré de l'art de cette région.
En arts tribaux, les plus hauts prix s'obtiennent sur des objets décrits dans des grandes collections et ayant influencé l'art moderne. Celui-ci fut une pièce importante de la collection van Bussel. Sotheby's en attend plus de 1 M$, le 15 mai à New York.
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