Les dessins effectués pour les albums de B D étaient des intermédiaires de travail pour les pionniers comme Hergé ou Franquin. Puis ils sont devenus des oeuvres d'art à part entière. Un marché nouveau est né récemment dans ce domaine. Les amateurs s'arrachent désormais les originaux d'Uderzo, Hugo Pratt, Tardi, Moebius, Enki Bilal et bien d'autres.
Signe de dynamisme, les résultats des ventes dépassent souvent de beaucoup les estimations, et les amateurs plébiscitent des oeuvres que les experts n'avaient pas forcément mis en haut de leur hiérarchie.
En 1977, Philippe Druillet avait conçu pour un album deux dessins pleine page à l'encre et à la gouache, qui seront vendus séparément aux lots 184 et 185 de la vente de
Millon et Associés à Paris salle Drouot le 15 novembre. On y trouve tout ce qui plaît aux amateurs : la finesse et la précision du dessin, le sujet fantastique, la référence à une oeuvre phare de l'histoire de l'art, et la renommée de l'artiste puisque Druillet est une valeur sure de ce nouveau marché.
Comme l'Ile des Morts d'Arnold Böcklin dont elle reprend le titre, une montagne se dresse au milieu de la mer. Elle a un faciès anthropomorphique, et une immense gueule ouverte happe les vivants. Le second dessin montre deux personnages qui ont pénétré dans l'Ile des Morts. Vue de l'intérieur, cette salle sans limites me rappelle les Carceri de Piranesi.
Pour chacun de ces dessins de grandes dimensions (101 x 66 cm), comptez 40 K€. Mais vous avez bien lu ce que j'ai écrit plus haut ; que veulent dire les estimations ?