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En matière de joaillerie, les modes changent. De nombreuses pièces peuvent être démontées et recomposées, et l'historique de leurs pierres finit par se perdre. Des traditions familiales donnent parfois à ces bijoux une origine prestigieuse.

De 1762 à 1765, le 2nd Earl of Buckinghamshire était en embassade à St. Petersbourg, à la cour de la Grande Catherine. En 1832, un ensemble d'émeraudes de Colombie pesant au total 100 carats fut monté en un collier pour son propriétaire le marquis de Lothian. Des diamants de taille ancienne étaient intercalés entre les émeraudes. La tradition selon laquelle Catherine aurait donné ces émeraudes au 2nd Earl est crédible, et même presque démontrée par une suite d'inventaires familiaux.

La parure Lothian présentée par Christie's à Genève le 20 novembre, lot 269, est composée de ce collier, resté intact depuis 1832, et d'un paire de pendants d'oreilles assemblée à la même époque. Le collier est de style Empire (Napoléonien). Les canons de l'élégance ont changé, mais la rareté des pièces intactes assemblées au début du XIX ème siècle peut peut-être justifier l'estimation de 1,8 MCHF.

Je ne connais pas l'histoire de la joaillerie ancienne. Je profite donc du communiqué de Christie's pour noter le nom des joailliers de la cour d'Angleterre à l'époque du couronnement de William IV (1831) : Rundell, Bridge et Rundell. Ils étaient les auteurs probables de cette parure.

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Pour les acheteurs de bijoux, l'ancienneté n'est pas un argument de vente essentiel. Ce collier démodé n'a pas été vendu.

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