Sur le marché international, Munch est un des graveurs les plus cotés. Ses oeuvres sont quasiment introuvables en France.
Ayant compris dès 1894 l'intérêt de la lithographie pour exprimer son art, il est représenté par deux oeuvres dans la vente de Sotheby's New York le 1er mai.
Le lot 147 (41x38 cm sans la bordure), intitulé fort justement "Angst" (Angoisse), est noir et lugubre à souhait, bien caractéristique de ce qu'on connaît de l'artiste. Estimé 200 K$, c'est un tirage du second et dernier état, dès 1896.
Probablement du même état, une épreuve avait été vendue 680 KFS chez Galerie Kornfeld à Berne le 16 juin 2006.
Le lot 146 est une Madonna du quatrième état sur 7 (1902), 55x35 cm sans la bordure. On dit qu'en matière d'art la conjugaison de l'Amour et de la Mort fascine le spectateur et attire le succès. S'il en était encore besoin d'une démonstration, la voici : la maison de ventes en attend 600 K$.
La version de Madonna reproduite dans Artvalue (s'inscrire pour accéder aux images) présente par rapport à celle de Sotheby's un pourtour spectaculaire et dramatique. Elle a été vendue pour 7 millions de couronnes (1,26 M$) par Grev Wedels Plass Auksjoner à Oslo le 27 novembre dernier. On y voit au coin en bas à gauche le squelette foetus double symbole de la procréation et de la mort. Sotheby's nous dit que le tirage dont il vend un exemplaire a occulté cet élément, et elle n'a pas non plus le superbe pourtour.
Une image du sixième état (1902), un peu plus grande et avec le pourtour, avait fait un peu moins de 400 K£ chez Sotheby's Londres le 28 mars 2006.
La version de Sotheby's apparaît comme édulcorée, ou presque censurée. Elle ne devait pas choquer outre mesure les bons amateurs de 1902. Pourquoi se vendrait-elle si cher en 2008 ?
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