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On connaît mieux les détails biographiques de Banksy que ceux de Sharaku : ce n'est pas peu dire.

Les portraits d'acteurs faits par Tōshūsai Sharaku sont des merveilles de clarté du dessin, d'expression des personnages dans leurs rôles respectifs. Pourtant, Sharaku n'a rien produit avant le milieu de l'année 1794, et sa carrière ne dure que dix mois.

Une hypothèse est que Sharaku ne serait pas un artiste mais un groupe d'artistes au sein d'un projet collectif piloté par un éditeur d'estampes. Il est donc intéressant de noter le nom de l'éditeur : Tsutaya Jûzaburô.

Deux considérations l'étayent. Le sujet était choquant pour le Japon de cette époque, qui n'acceptait pas l'art trop réaliste. Je l'ai déjà dit dans le groupe Asie au sujet des paravents de Maruyama Okyo, qui sont de la même période. Ensuite, personne ne sait bien ce que faisait Hokusai dans la brève époque de "Sharaku".

Le 16 octobre à Paris (Hôtel Drouot), Piasa vend un important ensemble d'estampes de Sharaku. La plus belle, 39 x 25 cm, est estimée 50 K€.

Dans son communiqué de presse, Piasa remémore la vente Huguette Berès, faite par Sotheby's à Paris en 2002 et 2003. Un portrait d'acteur costumé en paysan dans une attitude agressive avait été vendu 145 K€ frais compris.

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Il arrive souvent que les maisons de ventes Françaises publient des estimations en-dessous de la réalité du marché pour des lots réellement importants. On dit que cela met les acheteurs en confiance.

L'estampe de Sharaku valait plus que son estimation. Beaucoup plus. Le résultat, 396 K€ incluant premium, met cette pièce au rang des chefs d'oeuvre.

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