Depuis le début de cette chronique, toutes les grandes ventes aux enchères de montres sont dominées par la marque Patek Philippe.
Ce secteur de marché est un des rares qui donnent souvent les plus hauts prix à des réalisations extrêmement récentes. Toutefois, les montres anciennes de grande complexité ou originalité sont très recherchées, surtout quand leur pedigree est prestigieux.
La remarquable montre de Bréguet fabriquée en 1831 et provenant d'une lignée de Lords Britanniques est un exemple de pièces dont le passage en vente aux enchères fait date. Le 9 avril, à Drouot, cette montre de poche a été vendue 2,8 M€ au marteau par Bailly-Pommery et Voutier. Son annonce avait pourtant été d'une faiblesse exemplaire : tardive, non médiatisée, avec une estimation que j'aurais honte à recopier.
Je vous présente maintenant, chez
Antiquorum, le dernier lot (numéro 417) de la vente qu'ils organisent à
Hong Kong le 7 juin.
Fabriquée par Patek Philippe en 1868, cette montre de poche devint la propriété d'un Baron Rothschild en 1879. En or et émail, elle est pourvue de quelques complications, dont un second cadran indépendant du cadran principal pour consulter l'heure solaire d'une localisation différente, curieuse propriété à une époque qui ignorait les télécommunications. Le catalogue nous indique également que les règles pratiquées actuellement pour la définition du temps tout autour de la planète ont été mises au point entre 1876 et 1884. Deux autres petits cadrans sont l'un pour les jours, l'autre pour les minutes. Le boîtier porte le monogramme du Baron.
C'est le seul lot de la vente dont l'estimation doive être demandée à la maison de ventes. Effectivement, peut-on vraiment prédire le prix d'un tel objet soumis à la passion des milliardaires d'aujourd'hui ?