Article préparé avant la vente :
Ils viennent tous deux dans la même vente, mais ne sont pas en paire car ils sont assez différents.
Ils sont tous deux d'époque Louis XV, de grande taille, de forme mouvementée ou contournée, ornés de bronzes, et le même ébéniste célèbre les a estampillés : Jacques Dubois, reçu maître en 1742.
Ces deux bureaux plats sont vendus par Sotheby's à Paris le 9 avril. Exposition les 4, 5, 7 et 8 avril de 10 à 18 Heures. Tout ceci se passe, comme d'habitude, à la Galerie Charpentier, 76 rue du Faubourg Saint Honoré.
C'est pour moi une bonne occasion d'exprimer mon opinion selon laquelle, de toutes les maisons de ventes à Paris, Sotheby's, bien que n'ayant pas la plus belle salle, est celle qui apporte le plus de soin à la décoration lors de ses expositions, en particulier de mobilier.
Ces deux bureaux sont à suivre à deux titres.
D'abord, ils expliquent la différence de prix entre deux lots dont la description est globalement assez semblable :
Le plus cher, le lot 141 (73x183x86 cm), est estimé entre 700 et 900 K€. Sotheby's le compare dans son catalogue aux plus importants bureaux plats de Dubois, et son attrait est que sa façade est en laque de Chine, avec une fine décoration de ce style que l'on est plus habitué à voir sur les commodes.
Le second, le lot 107, est un peu plus grand (82x192x97) mais sa décoration de façade en marqueterie de fleurs est moins attrayante. Il est estimé 400 à 600 K€.
J'ajoute que la qualité des bronzes, que je n'ai pas le moyen de commenter, est un autre facteur discriminant dans les différences de prix entre meubles d'époque Louis XV.
Sotheby's Paris connaît bien son affaire, comme on le voit aux nombreux détails mis au catalogue pour en attester l'importance, et n'en est pas à son coup d'essai puisqu'un autre bureau de même description en placage de bois précieux a été vendu par eux 684 K€ frais inclus le 16 mars 2005.
L'autre raison de suivre ces lots est que c'est la première occasion, depuis que j'ai commencé en janvier ma surveillance continue du monde des enchères, de vérifier si le marasme dans lequel plonge le marché du mobilier français affecte également le haut de gamme. J'ai bien peur que cela soit le cas.
Après la vente :
Hélas, le plus beau des deux bureaux n'a pas été vendu, sur une estimation basse de 700 K€.
L'autre est parti à 480 K€ frais compris.
Tout se passe comme s'il y avait un seuil au-delà duquel le mobilier français a du mal à trouver acquéreur, même s'il est de très bonne qualité.
Je confirme mon pessimisme sur le haut de gamme.
Repères : bureau, dubois, louisxv
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