A Paris, au XVIII ème siècle, le travail de l'ébéniste et celui du bronzier se complètent, pour la production des meubles de luxe. A la fin du siècle et au début du siècle suivant, une nouvelle étape est franchie : en effet, pourquoi ne ferait-on pas de meuble entièrement en bronze ?
La console, meuble étroit sans tiroirs, se prête très bien à cette évolution. On voit ainsi une paire de consoles en bronze, qui vient à Paris (Drouot) sous le marteau de Thierry de Maigret le 12 juin.
Leur grand luxe fait justifier l'estimation de 600 K€. Les bronzes sont finement ciselés, et dorés en trois tons : mat, brillant et vermeillé. Des inscriptions en cyrillique attestent qu'elles sont passées par la Russie. Mais qui les fabriqua ?
Des angelots ailés placés en caryatides sont des motifs que l'on connaît chez Pierre-Philippe Thomire. Les liens commerciaux des Français avec la Russie sont également connus, y compris sur ce réseau, où j'en ai parlé l'an dernier à l'occasion d'un article sur Thomire et Dugourc dans le groupe Ameublement.
Nos consoles mesurent 82 x 108 x 31 cm. Chacune est équipée de son marbre. Les entretoises sont ornées d'un vase pot-pourri, qui sert certainement à assurer l'équilibre du meuble.
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