Dans les années 1940, Paul Dupré-Lafon conçoit des meubles de haut de gamme. La génération précédente avait vu, avec Ruhlmann, le triomphe du mobilier Art Déco. Le luxe résidait dans le choix des matières et la beauté des formes. On y voyait déjà apparaître une tendance dite puriste, qui allait y ajouter la simplicité du dessin.
Pourquoi aller à New York pour traiter d'un bureau de Dupré-Lafon, dont les productions font souvent les beaux jours des ventes de mobilier du XX ème siècle à Paris ?
Tout simplement parce que le lot 35 de la vente 2101 de Christie's le 15 décembre, estimé 400 K$, est ce qui se fait de plus élégant et harmonieux dans l'oeuvre de Dupré-Lafon. C'est un bureau plat à deux caissons de trois tiroirs chacun, en parchemin, acajou, cuir et bronze. Il est vendu avec sa chaise. Ce bureau est relativement petit (1,30 m de long), ce qui justifie sans doute que l'estimation ne soit pas plus élevée.
Si l'on ajoute que Dupré-Lafon a collaboré avec Hermès, notamment (mais pas seulement) pour les cuirs, on voit qu'il a une des meilleures places dans l'histoire du luxe au XX ème siècle.
Je donne en référence un résultat très récent : le 10 décembre à Paris, Tajan obtenait 620 K€ frais inclus sur un grand bureau plat gainé de parchemin, sans caissons, d'une belle pureté géométrique.
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