Robert Burns est un poète singulier, et l'Ecossais le plus populaire de tous les temps. Il le mérite. Ce paysan de l'Ayrshire n'a jamais pu intégrer la bourgeoisie urbaine, dont il fait la critique sociale et religieuse. Au contraire, il prend son inspiration dans les traditions les plus profondes du pays.
Il visite l'Ecosse en tous sens pour en recueillir les poèmes et les chansons, devenant ainsi le plus compétent et le plus émotif des folkloristes. Il a un siècle et demi d'avance sur les ethnographes du XX ème siècle. Robert Burns incarne la chanson populaire Ecossaise. Il n'en est pas l'auteur mais le génial interprète, cherchant quel est la meilleure mélodie pour s'adapter à chaque texte, selon sa profonde intuition du peuple de son pays.
Le 20 août à Edinburgh, Bonhams ne met pas aux enchères un objet mais un parrainage.
Depuis 1787, Burns collaborait au recueil édité par James Johnson sous le titre de 'Scots Musical Museum'. Il en fit faire en 1794 une copie spéciale avec des pages blanches pour pouvoir l'annoter. Ses notes manuscrites modifiant 'Auld Lang Syne' d'Allan Ramsay sont considérées comme le point de départ historique de cette chanson que les Ecossais interprètent tous en choeur à minuit le 1er janvier.
Ce parrainage est estimé 10 K£, mais le National Trust for Scotland espère en obtenir 50 K£. Cet argent contribuera modestement à l'ouverture d'un Robert Burns Birthplace Museum, pour lequel 3,8 M£ sont encore nécessaires. C'est une intelligente opération de publicité.
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