L'arrière-pays Niçois était il y a un demi-siècle un lieu rêvé pour les artistes. Ils s'y retrouvaient dans l'intimité, décontractés, loin des bruits de la ville. L'auberge de la Colombe d'Or, à St-Paul de Vence, aimait les accueillir et exposer leurs oeuvres.
Dans cette ambiance bon enfant, la femme du maître d'hôtel de l'auberge voulut aussi exprimer son talent d'artiste. Elle s'appelait Emilienne Delacroix, et avait 56 ans en 1949. Elle pensa d'abord à la sculpture, mais préféra la peinture, qu'elle modelait de ses mains à la sortie du tube sans mélanger les couleurs.
La variété de ses sujets, la pureté de ses couleurs et la qualité des proportions ont suscité l'admiration des célèbres clients de l'auberge. Elle n'en faisait pas un métier et n'avait pas besoin de chercher un autre public : sur place, son oeuvre était appréciée par les plus grands noms de l'art moderne.
De 1949 à 1966, elle tint un livre d'or, dans lequel Picasso lui dédicaça un dessin, et auxquels contribuèrent amicalement Prévert, Miro et bien d'autres, ainsi que de grandes vedettes du music-hall. Ce précieux recueil de 92 pages est estimé 20 K€.
On le trouve dans la vente de son atelier, organisée par Ader à Paris le 24 septembre. Ce sera la première vente programmée à la nouvelle salle des ventes Favart.
L'importance de St-Paul de Vence est considérable dans l'histoire de l'art du XX ème siècle, puisque la fondation Maeght s'installa dans ce village en 1964.
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