En 1866, Offenbach crée l'un de ses plus célèbres opéras-bouffes, "la Vie Parisienne". On s'amuse encore aujourd'hui de ses personnages d'aristocrates venus de tous les pays du monde pour dépenser leur argent en libertinages et mondanités à Paris.
A ceux qui ne croirait pas à la réalité de l'histoire racontée par Offenbach, je présente ce soir le cinquième comte Preziosi.
Aristocrate Maltais, il se découvrit une vocation irrésistible d'artiste pendant ses études à Paris, qu'il quitta pour s'établir de façon permanente à Constantinople. Il était très lié à l'influente communauté Britannique de cette ville, pour qui il assemblait des albums d'aquarelles et qui commanditait ainsi ses voyages d'art et de loisirs à la découverte de l'Occident.
La comparaison de deux albums donne d'intéressantes informations sur la façon dont travaillait cet intéressant artiste, amateur de monuments et de scènes animées.
Le 18 mars 2004, Christie's vendait à Paris l'album du voyage de 1872, incluant 79 aquarelles. Parti en mai, il visite l'Italie, et arrive le 23 juin à Paris où il ne produira pour son album que 23 images en dix semaines de séjour. Sans doute pour ne pas décevoir son sponsor, il complète l'ensemble par des aquarelles de Roumanie et de Constantinople, mais qu'il ne date pas.
Le 16 septembre à Londres, Bonhams présente l'album de 1875, qui inclut 81 aquarelles. Cette fois-ci, il commence par remonter le Danube, puis passe une dizaine de semaines à Paris. Après deux semaines à Londres, il embarque à Marseille pour le voyage de retour, dont les vues ne sont pas datées.
Les deux albums sont de conception très semblable. Celui de 1872 a réalisé 230 K€ frais inclus sur une estimation de 70 K€. Bonhams espère 320 K£ pour l'album de 1875. Cette estimation semble ambitieuse.
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